5 rue Viette, 25700 Valentigney

Nathalie Sejournet : 06 98 32 80 02

Régis Basque : 06 32 61 71 19

Nathalie Sejournet
Thérapeute familiale systémicienne à Valentigney
5 rue Viette, 25700 Valentigney
 

Nathalie Sejournet : 06 98 32 80 02

 

Régis Basque : 06 32 61 71 19

La culpabilité … une émotion qui peut nous dévorer !!

Après avoir, dans notre premier article, présenté ce qui rassemble et différencie embarras, honte et culpabilité, nous vous proposons cette fois-ci de nous centrer sur la culpabilité en tant qu'outil de régulation du lien social et de guidance de nos comportements vers l'intérêt collectif.

La compréhension de cette fonction requiert la connaissance de ses origines, de sa construction et des différentes formes prises dans notre quotidien (couple, famille, sociale, sociétale)

Ses origines :

Nous considérerons que l'homme est un être humain et un être social.

  • Humain dans son sens éthique. Il regroupe alors les qualités telles que la sociabilité, le respect, la dignité, la bienveillance, l'altruisme 

  • Social puisqu'il vit en groupe organisé, ayant établi des relations durables. Cette organisation est structurée par une forme de vie commune régie par des lois communes, un règlement commun.

 

L'association de ces deux termes (humain et social) génère des interactions et des interdépendances entre les groupes d’humains (couple, famille, pays etc…) et au sein des groupes constitués (entités politiques). 

La culpabilité intervient alors dans l’économie psychique individuelle. Elle nous pousse à l'autoévaluation de nos actes ou de nos comportements. Quand ces derniers transgressent une norme sociale, morale, familiale ou sociétale, la culpabilité nous aide à prendre conscience de leurs conséquences négatives pour autrui. Elle induit une expérience émotionnelle très désagréable qui doit ou peut s'éliminer par la réparation du dommage commis.

La culpabilité favorise alors la pacification des relations interpersonnelles et engendre la civilité et l’altérité, ce qui se traduit par des manières de ressentir et de se conduire plus douces, plus soucieuses d'autrui. La culpabilité, de fait, est un outil de régulation du lien social, un processus organisant notre psychisme, qui interdit ou limite les transgressions et induit la conscience de réparation.

On peut donc la qualifier de nécessité sociale, mais aussi morale, permettant l’épanouissement de l’individu et la vie en société.

La culpabilité en cumulant fonctions morale et sociale, nous pousse à prioriser l'intérêt collectif à notre propre intérêt. Elle est donc ce qui nous permet de vivre en société et de distinguer le bien du mal.

Sa construction :

La culpabilité, nous l'avons vu plus haut, introduit la notion de responsabilité personnelle, auto consciente, selon l'environnement, le contexte.

Considérons comme un prérequis que l'homme est issu de divers processus évolutifs: à l'échelle de l'espèce (sociétés cultures, etc..) et celui de l'individu (qui passe de l'enfance à l'âge adulte). 

Considérons aussi qu'elle résulte d'une forme d'empathie ancrée en l'homme, mais aussi et principalement des acquis éducatifs. En effet, la capacité à éprouver cette émotion n'est pas innée, elle est la résultante d'un apprentissage dans la petite enfance. On considère que c'est généralement à l'âge de 3 ans qu'apparait cette émotion et ce n'est que vers 8 ans qu'un enfant est en capacité de différencier honte et culpabilité. 

Les dernières recherches en psychologie et les neurosciences nous apprennent que, dans cette intervalle, le cerveau de l'enfant principalement le cortex préfrontal qui permet la gestion des émotions n'est pas suffisamment mature et toutes expériences négatives ou traumatiques génèrent très fréquemment des comportements d'auto-culpabilisation.

La petite enfance est donc le stade de la structuration de cette émotion. Son contexte de construction conjugue normes morales, sociétales, sociales et familiales. Les vecteurs principaux en sont la famille, les parents ainsi que les autres représentations d'autorité et ou d'appartenance.

On comprend alors la prépondérance des interactions entre l'enfant et son milieu dans la structuration de cette émotion. L'enfant est l'objet de la transmission de normes de par ses parents et grands-parents, mais également de ses professeurs et de toutes personnes en interaction avec lui.

Les différentes interactions façonnent ce sentiment de culpabilité chez l'enfant en lui imposant normes ou règles sous forme d’injonctions qui visent à lui faire prendre conscience de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, comme de ce qui est bien et ce qui est mal : « ex : on n'a pas le droit, ça ne se fait pas, c'est interdit, tu as mal agi, excuse toi et répare les conséquences de ce que tu as commis". 

Le sentiment de culpabilité est directement proportionnel à la fréquence de telles injonctions. Si ce sentiment représente un puissant "exhausteur" d'altruisme, il est également à l'origine de comportements morbides, punitifs voir de pathologies mentales. En effet, si ces référents utilisent le levier de la culpabilité pour faire assumer la totale responsabilité à l'enfant sur leur quotidien en le lui reprochant "tu m’énerves, qu'est-ce que j'ai fait pour avoir un enfant comme toi, tu me rends fou", il risque de développer une culpabilité morbide.

Envahissant tout le psychisme, la culpabilité est présente au quotidien et interagit dans un grand nombre de situation, au point que certaines personnes en arrivent même à s'imaginer devoir assumer les conséquences de décisions d’autrui.

 

Il y a un autre aspect de sa construction dont il faut avoir conscience, c'est celui du transgénérationnel. Selon Boszormenyi-Nagy, les familles tiennent un livre de compte où sont notés les gains et les dettes, c’est-à-dire les fautes ou transgressions commises, ou bien encore, les mérites. Il semble qu'une loi implicite impose le remboursement ou la réparation de chaque dette, sans quoi le poids de cette dette sera transmis à la génération suivante.

Ses différentes formes :

Commençons par la forme sociétale qui fait intervenir la notion de culpabilité collective

Comme nous l'avons vu ensemble précédemment, la culpabilité résulte de la transgression d'une norme sociale et ou morale avec des conséquences pour autrui. Cette forme sociétale s'applique aux expériences collectives d'une souffrance subie au cours de l'Histoire, (l'Holocauste, l'esclavage, la colonisation etc.)

Le poids du passé, la douleur de l'histoire pèsent sur les individus et, même si ceux-ci n'ont pas à répondre personnellement des actes commis, ils s'y trouvent tout de même impliqués et inclus dans la catégorie des coupables. L'Histoire les contraint à se souvenir du fait de leur appartenance.

 

Poursuivons par sa forme sociale, c'est effectivement la plus connue, la plus vécue. En effet, la vie en société nécessite la mise en place de règlements divers et variés, de lois, de codes, etc. 

Nous sommes quotidiennement sous leurs influences et notre quotidien est régit par leurs applications tant dans l'espace publique que privé (couple, famille). 


Dans les domaines sociétal et social, la culpabilité s'inscrit en effraction des différents droits (code civil, code de la route, du travail, droits : social, du travail, de la famille, accords internationaux etc.) qui règlent le statut des personnes et des biens, ainsi que les rapports que les personnes publiques ou privées entretiennent tant au niveau national qu'international. La réparation dans ces cadres est régit par des textes et imposée (jugements)au sein d'instances (tribunaux)

Continuons par sa forme familiale, celle-ci est structurée selon deux axes:

Axe social

Qui impose des droits et des devoirs en fonction de la place de chacun des membres constitutifs de la famille dans le cadre sociétal donné.

Axe familiale

Qui procède de lois et de règles propre à chaque famille. Cet axe est lui-même une construction à partir de règles familiales héritées des générations précédentes. La transgression de ces règles génère des dettes qui seront transmises à la génération suivante pour être soit "remboursées" soit retransmises à la génération suivante (On parle plus souvent de loyautés dans le cadre familial et de dette au lieu de réparation).

Enfin, la culpabilité dans le couple est elle-même structurée selon trois axes et les représentations véhiculées par ces deniers sont:

Axe sociétal

Développe une culpabilité selon la représentation du couple dans une société donnée. Il s'agit plutôt du versant anthropologique (ex: monogamie, exogamie, etc..) 

Axe social

Développe lui une culpabilité qui résulte également de la représentation du couple dans une société donnée, mais cette fois plutôt sur le versant sociologique (ex: le mariage, la parentalité, les rapports homme/femme).

Axe familial

Qui construit une culpabilité selon le vécu et le ressenti de chaque partenaire de sa représentation du couple dans sa famille d'origine (conjugalité parentale). 

En conclusion nous vous proposons ce logigramme:

La culpabilité, en cumulant comme nous l'avons vu fonctions morale et sociale, nous pousse à prioriser l'intérêt collectif à notre propre intérêt. Elle est donc ce qui nous permet de vivre en société et de distinguer le bien du mal.

Quand elle devient intempestive, qu'elle nous submerge, que les réparations qu'elle demande génèrent des dettes parfois impossibles, il est peut-être temps de se faire aider pour la rendre acceptable 

En tant que thérapeute, nous savons repérer et traiter les séquelles de ses expériences traumatiques. 

Notre intervention est possible à chaque cycle de vie (enfance, adolescence, âge adulte, couple). 

Si la culpabilité s'exprime différemment selon notre l’âge, la souffrance et le mal être qu'elle génère doit être entendu le plus tôt possible. 


Notre prochain article vise à éclairer un sentiment fortement chargé de culpabilité: l'épuisement parental ou ce qu'on définit à son paroxysme comme le burnout parental.


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