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Régis Basque : 06 32 61 71 19

Nathalie Sejournet
Thérapeute familiale systémicienne à Valentigney
5 rue Viette, 25700 Valentigney
 

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L'épuisement parental


L'épuisement parental ou comment la parentalité devient pesante au point de transformer le vécu quotidien du parent en insatisfactions, regrets et frustrations, le tout générateur d'angoisses et de souffrance qui peuvent conduire au burnout parental.

Le terme de « burnout » peut se traduire par « se consumer » (to burn out), ce qui image parfaitement comment est vécue la parentalité par les hommes ou les femmes qui en sont atteint. C'est leur ressenti face à leur impossibilité d'atteindre le niveau d'exigences qu'ils se représentent comme étant la parentalité. Cette impossibilité chez ces parents est génératrice de stress qui les consume littéralement. Une exposition prolongée à ce type de stress aboutie à ce syndrome si le parent n'est pas en mesure de le contrebalancer par suffisamment de ressources.

 

Un peu d'histoire pour mieux comprendre comment le terme est né.

C'est aux USA dans les années 80 que le concept de burnout a été pour la première fois associé au terme parental. Au début des années 2000, le burnout parental ne s'applique qu'à des parents vivant dans des situations exceptionnellement stressantes (parent d'enfants différents : atypiques, porteurs d'handicaps, de maladie grave, etc.).

Il faudra attendre la fin de cette décennie pour que le syndrome parental soit étendu aux parents lambda. Avec un taux de prévalence proche de 10 %, il semble que cette reconnaissance s'imposait. Si l'on prend en référence la population française, plus d'1/2 million de parents seraient en souffrance dans le rôle parental. La différence fondamentale ente burnout professionnel et burnout parental est que, si dans le premier il est possible changer de contexte professionnel en démissionnant, dans le second cette possibilité n'existe pas.

Mais qu'est ce qui a changé pour que cela se produise ?

Trois facteurs doivent être pris en compte pour comprendre l'apparition du syndrome de burnout parental : la représentation de l'enfant, du parent et l'Histoire.

1. L'Histoire :

L’histoire de l’enfance est, avant tout, une histoire du regard que les adultes ont portés sur les enfants. Ce regard a évolué et impacté les sociétés en fonctions des avancées des sciences et des connaissances et de leur intégration dans leur quotidien. Ainsi, la représentation de l'enfant a évolué en parallèle avec la relativité sociale et culturelle de nos émotions, de notre sensibilité et ainsi redéfinissant nos comportements.

2. La représentation de l'enfant :

Pendant des siècles, l’enfant n’était pas considéré comme un individu ni un être à part entière. Il était surtout pensé par rapport à l’adulte : poursuite de la lignée familiale, force de travail, etc.

L’individualisation de l’enfant débutera au XVIème siècle et s’intensifiera tout au long du XIXème siècle (scolarité, lois de protection de l’enfance, etc.).

Avec l'avènement du 20éme siècle, il devient sujet de droit national et international (droits de l'enfant) et une personne (même au stade du bébé), pour ne pas dire la personne au cœur des préoccupations des sociétés. Il est l’un des axes de référence de la famille contemporaine. Les neurosciences vont, à point nommé, confirmer l'impact du contexte sur le développement de l'enfant à travers la théorie de l'attachement et, dans ce contexte, la primauté de la parentalité dans sa réalisation. D'enfant Objet, on est passé à enfant Désiré voir Déifiés.

3. La représentation du parent :

Dans les années 1980, un néologisme est officialisé pour définir le processus de développement des parents, principalement dans sa dimension psychoaffective : la parentalité. Ce processus a évolué au point qu'être parent à notre époque inclut parfois une représentation idéalisée. L'Enfant sujet et la Parentalité sont devenus des thématiques sur traitées par les médias. De nouveaux concepts éclairés par les neurosciences sont proposés et vulgarisés.

Largement portée et normée auprès du grand public, le concept de parentalité positive s'est imposé. Le profil du "bon parent" à la fois sensible, disponible, prévisible et sécurisant et ce, si possible 365 jours par an et 7 jours sur 7, s'est quasiment imposé.

Dès lors, malheur à ceux qui vivent cette norme exigeante sans aucune concession.

Etre parent aujourd'hui est, pour la plupart des couples, une décision qui est le fruit d'une réflexion: l’âge moyen en France auquel une femme a son premier enfant était en 2019 de 30,7 ans. Le couple se forme plus tardivement du fait d'une autonomisation plus tardive (études, accès au travail, etc.). Il semble également que la réalisation de l’individu, puis du couple, soit priorisée dans un premier temps. Dans un second temps, le désir d'enfant apparait et souvent pas de façon symétrique dans le couple, ce qui parfois repousse encore l'accès à la parentalité. Dès lors, nous sommes en présence d'individus ayant une représentation de la fonction parentale beaucoup plus construite que précédemment, mais surtout forgée par des connaissances et une théorisation résultant de multiples informations auxquelles il faut adhérer pour être de "BONS" parents.

 

L'évolution sociétale a profondément changé le rôle de parent: c’est à dire l'ensemble des comportements, des droits, des obligations, des croyances et des normes.

  • Pour les pères, un autre néologisme est apparu le paternage qui définit : l'"Attitude de protection paternelle, le maternage mâle".
  • Pour les mères, si l'évolution du statut de la femme s'est traduit par une certaine libération (accès au monde du travail, contraception, égalité de droit, tout au moins en théorie, etc.), le maternage est toujours foncièrement de leur domaine et de fait se cumule avec cette libération. Elles se doivent d'être mère, femme, compagne, employée, etc., ce qui explique la surreprésentation des mères dans les situations d'épuisement et ou de burnout parental.

 

Comme nous venons de le voir, les représentations tant de l'enfant que du parent ont profondément changées au court de l'Histoire. Ces changements donnent sens et compréhension à cette réalité qu'est l'épuisement parental et son évolution le burnout parental. Dans nos prochains articles, nous développerons comment le diagnostiquer et différencier le stress parental, du burnout, de la dépression, du baby-blues et de la dépression post-partum.

Pour terminer sur une petite touche d’humour, nous vous invitons à regarder cette petite vidéo:  


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